Déjà 1 an!

Il y a quelques semaines mes sœurs et moi écrivions un blog sur les 1 an de Forever Boutique. Le 6 octobre 2017 restera à jamais gravé dans ma mémoire car en plus de marquer la naissance de notre projet entrepreneurial, c’est aussi le jour où j’ai reçu les résultats de mes examens finaux de médecine. Cela fait maintenant plus d’un an que je suis médecin et je m’apprête à finir ma 1èreannée d’assistanat.

Dans le cadre de ma formation en chirurgie vasculaire, je suis obligée de quitter le CHUV et de faire un an dans un hôpital en périphérie. Je suis sûre que cette nouvelle aventure sera formidable, il n’empêche que j’en ai les larmes aux yeux et la boule au ventre. J’ai adoré ma première année d’assistanat en Chirurgie Vasculaire au CHUV.

L’équipe ! Je pars avec plusieurs nouvelles amies : instrumentistes, infirmières, collègues et chefs qui sont toutes plus fortes et incroyables les unes que les autres. Moi qui pensais que ça allait être difficile de me faire des nouvelles amies, j’avais tort.

Les patients ! Beaucoup de patients resteront avec moi pour toujours. Beaucoup de situations terribles mais heureusement entrecoupées d’autres plus réjouissantes. Je me souviendrai toujours de mon 1erdécès sur la table d’opération qui était ma 1èreconfrontation à une mort violente. Un apprentissage malheureusement nécessaire pour apprendre à gérer les urgences.

Moi ! J’ai énormément appris sur moi durant cette année. Par exemple, je suis perfectionniste et je procrastine. Cette combinaison me dessert car entre faire quelque chose d’imparfait ou ne pas le faire, j’opte pour ne pas le faire et cela me met dans des situations délicates. Je dois absolument travailler sur ça l’année prochaine.

Guillaume ! Je n’aurais jamais survécu à cette année sans mon mari. Le bonheur de rentrer chez moi le soir, de lui raconter toute ma journée et de sentir son soutien. Il ne me dit pas simplement que ce n’est pas grave que je rentre tard du travail mais il me dit que c’est fantastique que je m’épanouisse tellement et qu’il faut absolument que je continue comme ça.

Je me réjouis de vous raconter prochainement le début de mes nouvelles aventures.

 

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J’ai testé le botox axillaire

Il fait beau, il fait chaud, c’est l’été, c’est le pied, mais… je transpire beaucoup et l’odeur me gêne. Alors j’ai pris l’habitude d’utiliser un déodorant puissant qui contient des sels d’aluminium, parce que les autres ne fonctionnent pas sur moi.

Sachant que je suis mal à l’aise à l’idée de sentir mauvais sous les bras, ma sœur Cyrille m’a convaincu d’essayer le botox axillaire. Je savais que nos médecins pratiquent ce traitement à Forever Institut mais je pensais qu’il était réservé aux clients souffrant d’hyperhidrose – un état pathologique de production excessive de sueur. Et bien non, c’est pour tout le monde ; j’en suis la preuve.

Voici comment s’est déroulé la séance d’injection. J’ai appliqué du gel anesthésiant 1h avant parce qu’apparemment sans cela, on a mal. Avant de réaliser les piqures, Dr Benadiba a quadrillé mes aisselles au crayon. En tout, une trentaine d’injections par côté. Hyper rapide, en 10 minutes c’était fait, et je n’ai même pas senti l’aiguille.

L’effet a mis quelques jours pour se manifester, et depuis – c’est incroyable – j’ai l’impression de ne plus transpirer des aisselles. Après une semaine je suis passée à un déo bio et léger, et constatant que cela suffisait, j’ai même osé ne rien mette du tout. Quelle libration ! Fini les auréoles. Et fini les traces blanches de déo sur les habits.

Je vous avoue j’avais une crainte, c’était que me corps compenserait la diminution de transpiration des aisselles en suant plus d’une autre zone. Mais je n’ai pas l’impression que ce soit le cas.

Maintenant, la question que je me pose c’est vais-je le refaire dans 4 mois ? Certes je transpire moins en hiver mais l’odeur me gêne quand même, alors pourquoi pas ?

La beauté du corps

Le corps humain me fascine. En tant que médecin, tous les jours, je l’examine et je le touche de manière systématique, j’en retire des informations et cela me permet de déterminer de quoi mon patient souffre.

Mon amour pour l’art potentialise cette fascination de la chaire. Je l’ai ressenti de manière particulièrement forte ces deux dernières semaines en allant voir le dernier spectacle en date du Ballet Béjart, Mounir Fatmi au Musée de l’Elysée lors de la Nuit des Images et Laetitia Dosch au Théâtre de Vidy.

Ces trois évènements m’ont rappelé, chacun à leur manière, que le corps humain est extraordinaire.

Les corps des danseurs du Ballet Béjart pourraient servir de support de cours d’anatomie, tant ils sont sculptés avec précision. Puissant et élégant dans leurs mouvements, ils nous montrent à quel point le corps est un langage universel

Les corps filmés par Mounir Fatmi nous rappellent notamment qu’ils sont une source inépuisable de résistance et de plaisir.

Le corps nu de Laeticia Dosch, sur son cheval, évoque jeux, pouvoir, séduction et échange. Il lui permet de s’exprimer et de casser les barrières autour d’elle. Grâce à lui, elle peut se mettre à nu, littéralement.

Rappelons-nous que nous n’avons qu’un seul corps, qu’il a la gentillesse de nous supporter toute notre vie, alors soyons reconnaissant et traitons-le en conséquence. Il faut le chérir, en prendre soin et l’aimer. C’est notre arme la plus puissante. Je pense que pour vivre sa relation au corps dans sa plénitude, il faut allier médecine et art, transcender l’organique et se rappeler qu’il est aussi une matière première d’expression. Alors allons-y, exprimons-nous.

Photo: Guillaume Varone

Une semaine dans la peau de Dr Roxane Polla

Tous les matins je me lève à 5h pour être à l’hôpital à 6h, bien que mon horaire officiel ne commence qu’à partir de 7h. D’abord je me suis dit que de me lever une heure plus tôt me permettrais de faire du sport, mais en fait, je trouve toujours du travail à faire : étudier les dossiers de mes patients, les apprendre par cœur pour la grande visite qui a lieu le mardi matin en présence de tous les chefs, faire ma paperasse, étudier les opérations auxquelles je vais assister…

 

Les jours où je suis au bloc opératoire, je ne mange pas et je ne vais pas aux toilettes, comme si mon corps comprenait qu’il n’avait pas d’autre choix que de mettre ses besoins au second plan. Ce serait utile de réussir à faire la même chose lors des longs trajets en voiture.

 

Les jeudis sont des journées de formation. Présentations d’articles, cours théoriques, conférences… La semaine dernière, tous les internes de suisse romande voulant faire de la chirurgie vasculaire étaient réunis pour une journée d’évaluation par les chefs de tous les différents hôpitaux. Le plus exaltant c’était les stations pratiques. J’ai pu m’entraîner à suturer des aortes, des carotides et des artères fémorales sur des mannequins.

 

Le soir en rentrant, je cours dans les bras de mon mari et je me rappelle combien j’ai de la chance. Petit diner en amoureux et vite au lit, parce que ce n’est pas tout ça, mais après m’être réveillée à 5h, je suis vite fatiguée le soir.

 

Le rendez-vous le plus important de la semaine c’est l’apéro offert par le service tous les vendredis à 17h. Toute l’équipe est présente et cela permet de créer des liens et de diminuer les tensions accumulées sur la semaine.

 

Le weekend, parfois je me lève à 5h le samedi pour finir ma paperasse que je n’ai pas eu le courage de faire vendredi soir. Comme ça, je suis sûre de ne pas laisser du travail à mon collègue du weekend. Et après direction Challon-sur-Saône avec ma mère et mon mari pour visiter le musée de la photographie. Ou alors, barbecue avec des amis. Mais très souvent, en fait, c’est dodo pendant 48h d’affilée pour récupérer de ma semaine.

Dr Roxane : la deuxième génération des Dr Polla, la relève médicale.

Samedi dernier, je me retrouve sur les bancs de l’université. Sans mon cahier cette fois-ci. Mais avec mon cœur et ma fierté, en tant que médecin, pour recevoir mon diplôme.

Samedi dernier, je me retrouve sur les bancs de l’université. Sans mon cahier cette fois-ci. Mais avec mon cœur et ma fierté, en tant que médecin, pour recevoir mon diplôme.

 

Le point fort de cette cérémonie aura été le discours du parrain de notre volée, le Professeur Chappuis, chef de service de Médecine Tropicale et Humanitaire. Il nous rappelait que même si peu d’entre nous allaient rejoindre des organisations telles Médecins sans Frontières, nous aurons tous le devoir de mettre notre humanité au service de son prochain. On pense devoir parcourir des kilomètres pour aider les autres, alors qu’avec un peu d’attention, on se rend compte que la détresse est à notre porte.

 

« Notre voisine de 90 ans qui habite au 1er, a perdu son mari il y a quelques années. Elle vit seule maintenant et a perdu son chien la semaine passée. Elle a perdu du poids ces derniers temps, mais surtout elle a perdu goût à la vie.

Notre voisin de palier de 54 ans, mécanicien de précision, voit moins bien depuis quelques temps. Son médecin lui a parlé de dégénérescence maculaire mais il n’a pas vraiment compris de quoi il s’agissait. Il craint surtout de perdre son travail s’il en parle à son chef, à qui que ce soit d’ailleurs.

Notre voisin du 6ème, banquier, qui habite l’attique de 300m2 et roule en Porsche vient de raccrocher avec son médecin. Il doit faire des examens complémentaires parce qu’on aperçoit une tâche sur la radio de ses poumons. Il est terrifié. »

 

La médecine, qu’elle soit humanitaire ou esthétique, s’exerce avec le même altruisme et la même empathie. Chaque geste et chaque parole ont pour mission d’aider l’autre à retrouver son bien-être. Pour reprendre les mots d’une de ma (désormais) confrère, “nous pouvons être fiers de faire l’un des plus beaux métiers du monde”. Une chose est sûre, samedi, j’étais fière.

 

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