La beauté des mots

Pour mon plus grand bonheur, ma sœur Cyrille a récemment partagé un nouveau texte qu’elle a écrit, un poème magnifique qui m’a profondément touchée et m’a rappelé que les mots sont beaux et que leur maniement est un art.

Certains discours ont le pouvoir d’inspirer, de stimuler, de mobiliser, de convaincre un public. Comme tout pouvoir, il s’accompagne de responsabilités. Si nous avons le pouvoir d’influencer notre monde, qu’elle influence voulons-nous avoir ? Si les mots que j’utilise ont un impact sur mon entourage et sur moi-même, il est important que je choisisse mon vocabulaire pour exprimer exactement ce que je veux transmettre.

La plupart des mots ne sont pas neutres, ils sont porteurs au contraire d’une charge émotionnelle spécifique. Pour transmettre une même information objective, je peux choisir d’utiliser des mots à connotation agressive ou compréhensive. Par exemple quand je dis « ma collaboratrice m’a planté » ou « m’a collaboratrice m’a informée qu’elle ne pourra pas honorer son contrat », l’information est la même mais le message et l’émotion ressentis ne le sont pas.

Les mots que nous utilisons pour exprimer nos pensées modulent nos émotions. Donc en utilisant des mots chargés de négativité je me crée des émotions négatives et si d’autres autour de moi adoptent mes mots ils se créent également des ressentis similaires et ainsi de suite. Si je ne fais pas attention à mon langage, je peux potentiellement diffuser mon inquiétude à tout mon entourage. Est-ce réellement ce que j’ai envie de faire ?

Il y a peu de chose que nous pouvons contrôler dans ce monde, mais notre langage en est une et à travers lui je peux à la fois contrôler ma réalité et influencer celle des autres. J’essaie de me le rappeler d’autant plus en ce moment en raison de la situation crée par le Coronavirus. En ce moment je perçois beaucoup de peur et d’angoisse autour de moi en lien avec la maladie, l’incertitude, la mort, la reprise du travail… Une chose concrète que je peux faire pour aider c’est, par exemple, d’utiliser un champ lexical d’apaisement plutôt qu’un champ lexical martial qui aura tendance à mettre de l’huile sur le feu et d’entretenir des émotions de panique.

Comme le dit très justement Clotilde Dusoulier dans son Podcast «Le langage de la crise», les mots qu’on utilise en cas de crise vont avoir le pouvoir de soit magnifier notre perception de la gravité du risque et du danger et générer de la peur ou vont avoir le pouvoir de mettre les choses en perspective pour qu’on puisse envisager le présent et l’avenir avec calme. Je pense que c’est d’ailleurs pour ça que je reprends les enfants autour de moi quand je les entends utiliser un langage que je trouve grossier. Quand un enfant utilise un champ lexical grossier, il est probablement en train de traverser une crise, et ce champ lexical ne va qu’envenimer leurs sentiments d’impuissance et ne va ni les aider à réfléchir ni à grandir.

Les mots sont beaux. Les mots sont importants.

 

Regarder son corps à travers l’oeil d’un artiste

Il y a quelques mois je vous ai parlé du fait que Guillaume, mon mari, m’offre des sous-vêtements et combien cela est fabuleux pour mon image corporelle. L’autre chose qu’il fait que j’adore et qui a le même effet positif sur moi que la lingerie, c’est des photos de mon corps.

Les premières années les photos illustraient surtout un jeu de séduction entre nous. Je me sentais alors désirée, désirante et puissante. On devrait tous se faire prendre en photo nu afin de réaliser le pouvoir de notre corps. Au fil du temps, tout comme la pratique de Guillaume, les photos ont évolué. Maintenant, Guillaume et moi travaillons ensemble, car ses photos sont devenues un travail artistique. Aujourd’hui, elles montrent le corps de la femme, sans jugement, tel qu’il est, plein d’amour, dépersonnalisé et en même temps si intime.

De voir mon corps nu de cette façon me permet de l’appréhender différemment. Je ne le juge plus (ou en tout cas moins) selon les standards de la mode ou sociétal mais plutôt selon sa beauté artistique. Du coup, je le trouve magnifique, car à travers l’œil d’un artiste, tout corps humain l’est, qu’il soit grand, petit, enrobé, maigre, masculin, féminin, tendu, mou, jeune, vieux…

Les galeries devraient montrer beaucoup plus de nus de femmes et d’hommes de tout âge et de tout horizon pour nous donner une image du corps autre que celle des magazines et ainsi nous montrer que, quel qu’il soit, le corps est beau et sujet de désir. C’est dans cette optique-là, que Guillaume va prochainement exposer aux côtés de Maïa Mazaurette, dans une exposition intitulée « Elle et Lui » à Analix Forever. Elle, elle dessine des corps d’hommes et lui, il photographie le corps de la femme.

Rendez-vous pour le vernissage le 11 février 2020 au 10 rue du Gothard, 1225 Chêne-Bourg, Suisse.

The beauty of art

We choose to express our personality in many different ways. Some people use jewelry and other accessories to express their style (read Ada’s latest post “Jewelry Styles for Music Festivals”), some use clothes, others use words or music, I use art. Each painting, sculpture, photograph, video I own tells a story about me in a way I’m incapable of sharing otherwise. If you want to know who I am, all you need to do is to look at what is hung on my walls. For me, this is the beauty of art.

Here are some pieces of my collection and what they say about me.

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In Michaela Spiegel’s painting I see darkness, sensuality and sexuality.

91258a_38f6a33072e74993a076635618077fa4In Dana Hoey‘s photograph I see energy, youth and freshness.

img_5892.jpgIn Mounir Fatmi’s drawing I see religion and life and death in an operating room.

img_5909.jpgIn Rita Natarova’s paintings I see my obsession for the human body, I feel I can touch and smell it piece by piece.

BIGGS_BD_01.jpgIn Janet Biggs’ photograph I feel the power I used to feel while horseback riding.

img_5864.jpgIn Andrea Mastrovito’s painting I see my fear of being ordinary.

DSC_8796.JPGIn Abdul Rahman Katanani’s tree I see hope and defiance.

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In Eli Stertz’s picture I see loneliness.

corrected+POLLA+FIRE+POEM+7.jpgIn Robert Montgomery’s fire poems I see the freedom in love and the fear of being captured.

cache_33063970In Ornela Vorpsi’s drawings I can feel myself in my husband’s arms and I see my need of physical contact.

img_5903.jpgIn Mat Collishaw’s superpositions I feel the beauty that can be found in violence.

img_5877.jpgIn Conrad Bakker’s painting I feel my anxiety to be lost in our society.

img_5865.jpgIn Elke Krystufek‘s photograph I see positivity and enthusiasm.