Infinie gratitude

Cette période de confinement met tout le monde à rude épreuve, pour différentes raisons. Certains traversent des épreuves familiales ou de santé, d’autres des difficultés financières ou organisationnelles. Personnellement, le moment le plus traumatisant pour moi a été d’avoir dû fermer les portes de Forever Institut et Boutique le 16 mars au soir et j’ai vécu les semaines les plus difficiles au niveau entrepreneurial que j’ai eu à vivre.

Etant désormais sortie de cet état post-traumatique de stupeur et de révolte, je réalise que cette période peut être une réelle source d’opportunité : pour certains, ce sera de changer de vie ; pour d’autres de réaliser que chaque métier, chaque maillon de la chaîne, compte – et doit être respecté ; pour d’autres encore ce sera de faire évoluer leur entreprise ou leur manière de vivre…

Personnellement, l’un des sentiments que cette situation inattendue m’apporte est une infinie reconnaissance et la réalisation cruelle mais nécessaire que je prenais trop de choses pour acquises, et notamment :

  • Ma liberté d’action : en tant qu’entrepreneur, on travaille tout le temps, mais notre chance est d’avoir une certaine flexibilité dans l’aménagement de son temps (dépendant des périodes bien sûr). C’était facile et presque naturel d’organiser des petits moments de bonheur spontané comme une verrée entre amis ou collègues dans mon bar habituel, à la dernière minute ; ou de m’offrir une escapade amoureuse ou en famille dans un coin de paradis… j’ai le privilège de pouvoir m’offrir ces plaisirs.
    Cette période m’a ouvert les yeux sur le sens du sentiment de liberté. Car en fin de compte, on peut le créer en nourrissant notre jardin intellectuel et en sachant s’adapter à notre environnement : j’ai découvert une nouvelle routine de retrouvailles avec mes sœurs, entre amis ou collègues, chez moi et en mode « virtuel », les joies d’une vie familiale renforcée (nous avons accueilli les enfants de mon fiancé) et le bonheur procuré par une vie malgré tout plus lente.

 

  • L’insouciance : j’ai probablement un biais suisse, car nous n’avons pas souffert d’attentats alors que de multiples pays ont été témoins de la violence accrue de ces dernières années ; mais mon insouciance passée – avec comme principales préoccupations celles de m’assurer que nos entreprises familiales fleurissent et que ma fille se développe bien – me manque !
    Depuis quelques semaines… je développe une autre forme d’insouciance, celle développée par la conviction fondamentale que l’épreuve rend plus fort. Elle alimente ma conviction que tout est possible, pour autant qu’on prenne ce que la vie nous offre, à chaque instant.

 

  • La dynamique du développement et des projets : j’ai grandi dans une famille d’entrepreneurs, nos projets nous ont toujours nourris et réunis. Quand l’état d’urgence a été décrété le 16 mars dernier, j’ai cru un instant que mon monde s’effondrait, que je perdais tout ce que j’avais investi en énergie et en sueur ces quatre dernières années… et puis mon père, le Dr. Luigi L. Polla, a eu ces mots qui continuent, plus de trois semaines plus tard, de résonner en moi : « Rachel, si on doit tout recommencer, alors ce sera aussi une chance, tu sais ; et on recommencera. Différemment, peut-être ; mais ensemble ». D’autant plus surprenant que cette dynamique de renouvellement vienne de la génération de mon père. Il m’a offert le plus bel exemple de résilience, a calmé mes esprits, et m’a permis de me relancer dans une perspective d’avenir.

Le confinement ne durera qu’un temps – plus ou moins long ; quand nous avons la chance d’habiter dans notre merveilleux pays, d’être entouré d’amour, d’avoir un toit et de jouir d’une excellente santé, il n’appartient finalement qu’à nous de nous apaiser et de décider de ce qui adviendra après.

sasha reine

 

 

 

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